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Actualités
01.07.2008
-  élections
Bienvenue
L E S   C A H I E R S   D E 
             L ' A F R I Q U E
            R e v u e   d'é t u d e   e t   d e   r é f l e x i o n   s u r   l e   m o n d e   a f r i c a i n



                                                 Avant-Propos










  L’Afrique est vraiment une terre de contrastes. Après des décennies d’immobilisme, d’impression que rien ne pouvait changer sur un continent condamné par le fatalisme de l’échec et du renoncement, le message qu’elle nous apporte aujourd’hui avec le    « Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique » (NPDA) est indubitablement empreint d’innovation et d’espérance. Le NPDA est t-il  le nouveau paradigme du continent ?  Un espoir est né en Afrique, remarque Jean-Pierre Foirry, qui nous explique en quoi cette vision originale, sous certaines conditions, peut être le moteur du renouveau.

   La paix, la sécurité et la stabilité sont les conditions préalables au développement. Depuis sa création en 1963, l’OUA avait joué un rôle significatif dans la décolonisation du continent, mais elle n’a jamais réussi – en raison de ses dissensions internes et, sans doute aussi,faute de réel pouvoir politique -  à régler les conflits dévastateurs qui ont paralysé  les sociétés africaines dans leurs mutations et leur essor. En ce début de troisième millénaire, la situation n’a guère changé, un Africain sur cinq est touché par un conflit armé. L’étude de Cyril Musila démonte les mécanismes des crises, de la région des Grands Lacs à l’Afrique de l’Ouest qui se retrouve de nouveau dans une zone de turbulence.

   Cette récurrence des conflits ne suffit pas à expliquer les échecs des nombreuses tentatives de décollage économique depuis les années 1980. Les raisons en sont multiples, rappelle Emile-Robert Perrin,  soulignant que le blocage du développement est le fruit d’un enchevêtrement complexe de facteurs  politique, économique et culturel.

   Le 8 juillet 2002 a été une date historique pour l’Afrique. Le lancement solennel de l’Union Africaine, célébré avec faste à Durban (Afrique du Sud) en présence des 53 Etats a été vécu par de nombreux Africains comme la renaissance du vieux rêve des  « Etats-Unis d’Afrique ». Dans l’enthousiasme général, les Etats  se sont engagés à réduire la pauvreté et à répondre à la mondialisation en accélérant leur intégration économique et politique.
Cette « volonté de prise en main par les Africains de leur propre destin » puise son inspiration dans le concept de « renaissance africaine » apparu à l’aube des indépendances qui légitime  la volonté des chefs d’Etats à établir un nouveau type de dialogue et de partenariat entre l'ensemble des pays du Sud et ceux du Nord.

   Il s’agit là, d’un signal  qui est pris au sérieux par la communauté internationale : pour la première fois, un plan de développement est conçu par les africains eux-mêmes ; jusque là, ils appliquaient des modèles importés et souvent imposés par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale. De plus, ce plan s’attaque aux fléaux nés du sous- développement (1) en définissant des secteurs d’action prioritaires.

    Les Cahiers de l’Afrique s’attardent, dans ce premier numéro, sur deux dossiers qui vont peser     sur le développement durable de l’Afrique : les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC), et le sida dont l’interdépendance avec la pauvreté n’est plus à prouver avec ses conséquences socio-économiques considérables. J- L. Rey et J-M. Milleliri estiment que le NPDA peut être l’occasion de créer une dynamique nouvelle dans l’engagement des Etats à lutter contre la pandémie.

    L’entrée dans l’ère «  Internet » et la révolution des technologies de l’information  créent de nouvelles opportunités ; comment ces nouveaux outils peuvent-ils servir au développement de l’Afrique ? A cette interrogation, Annie Chéneau-Locquay s’attache à apporter des réponses concrètes et décrit les impacts parfois étonnants de ces bouleversements sur les différentes formes de pouvoir et les territoires.

    Ce programme économique est, selon les termes du président sud-africain Thabo Mbeki, « extrêmement ambitieux et difficile ». Les études présentées ici montre bien que, pour avoir de réelles chances de succès, le NPDA doit satisfaire à certaines conditions indispensables : le retour à la paix et à la stabilité,  la bonne gouvernance politique et économique et le renforcement de l’intégration régionale.
Dans l’article qu’il consacre à la bonne gouvernance politique, Luc Sindjoun insiste sur le fait que ces principes doivent être pris avec sérieux car l’Union Africaine a mis en place un dispositf de contrôle original, le mécanisme d’évaluation par les pairs .

    Tous les experts sont d’accord sur un point : ce plan de relance de l’Afrique mobilisera des ressources financières considérables. C’est toute la difficulté pour les auteurs du NPDA qui  choisissent de parier sur l’investissement privé  comme moteur d’une  croissance durable. Ils appellent, à court terme, la communauté internationale à augmenter l’APD et à alléger la dette. Mais on le sait, les aides n’ont pas été concluantes dans le passé et l’allègement de la dette, rappelle Alexandre Barro-Chambrier, n’est pas la panacée; pour être durablement efficace, elle doit s’inscrire dans une stratégie de croissance orchestrée dans un environnement démocratique. Sans un climat de confiance retrouvé, les investissements manqueront et comme le fait remarquer Michel Roussin, c’est une forte mobilisation du secteur privé, qui appuiera, dans un contexte d’intégration régionale renforcée, le développement économique et social du continent.

    A peine entériné par l’Union Africaine et approuvé par les pays du G8 qui l’assortissent cependant de conditions et d’exigences, il faut reconnaître que le NPDA ne fait pas l’unanimité et suscite des critiques à l’intérieur même du continent. L’expression de ces doutes - que l’UA soit plus efficace que l’OUA, le NPDA que le plan de Lagos - concourt pleinement au débat nécessaire autour d’un tel projet. L’intérêt du NPDA réside dans le fait qu’il offre une vision globale de développement; c’est un défi très ambitieux que l’Afrique se lance à elle-même mais aussi à la communauté internationale.

    « Nous devons nous faire les avocats de l’Afrique » a affirmé Kofi Annan, le Secrétaire général des Nations-unies. Mais quelques soient les scenarii de partenariats, c’est l’Afrique, et elle seule, qui détient les clés de son propre développement.



                                                                                                                               J-J. M.





Note:

(1) Les huit secteurs prioritaires désignés par le NPDA sont: les infrastructures, l’agriculture, l’éducation, la santé, les nouvelles technologies de l’information, l’environnement, l’énergie et l’accès aux marchés.