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Actualités
01.07.2008
-  élections
Bienvenue
L E S   C A H I E R S   D E 
             L ' A F R I Q U E
            R e v u e   d'é t u d e   e t   d e   r é f l e x i o n   s u r   l e   m o n d e   a f r i c a i n


Agriculture





EXEMPLES  DU  RWANDA
ET  DU  BURUNDI






L'agriculture, enjeu
d'un conflit ?
  Caroline Quazzo*  
                                                                                         





* Caroline Quazzo est diplômée de l'Institut catholique de Paris.






 Un rapport du Programme Alimentaire Mondial (PAM), le 12 mars 2003, fait état de la crise alimentaire qui règne au Burundi :
« Malgré la signature de l’accord de paix entre le gouvernement burundais et les forces rebelles au mois de décembre 2002, la reprise récente de sérieux combats a compromis l’approvisionnement de l’assistance humanitaire aux populations (sécheresse, approvisionnement alimentaire)... Au moins 54.000 personnes n’ont pas pu recevoir cette assistance  au mois de février à cause de l’insécurité. La crise actuelle menace aussi la prochaine saison agricole. Comme les prix montent à cause de la rareté des produits de base en plus de la dépréciation de la monnaie locale, les populations affamées se résignent à manger les semences destinées aux semailles, compromettant ainsi la future production agricole. Face à la demande croissante de l’assistance alimentaire d’urgence au Burundi et aux difficultés actuelles de financement, le PAM  a été obligé de suspendre son programme de réhabilitation dans les provinces du nord au mois de décembre. Les projets de «Vivres contre Travail» engagent la population dans la construction d’infrastructures de base comme les routes, les travaux d’irrigation, les écoles et les centres de santé en échange de nourriture ». 

   La situation actuelle au Burundi fait apparaître une pénurie alimentaire qui révèle une crise plus profonde. En effet, l’agriculture joue un rôle moteur dans la crise avec des enjeux importants : politiques économiques, fonciers, etc. L’opposition qui existait à l’origine entre, nomades - éleveurs tutsis -, et sédentaires - agriculteurs hutus -  est instrumentalisée et alimente les conflits dans les Grands Lacs.
« Si les conflits sont une cause fondamentale de l’insécurité alimentaire dans de nombreux pays, l’accroissement de la productivité agricole et la réduction de la faim et de la malnutrition dans les pays pauvres sont un moyen essentiel de promouvoir la paix. Toutefois, cet aspect est souvent négligé ».

  Autrement dit, le nombre de décès dus à l’insécurité alimentaire et à la famine, conséquence des conflits, dépassent parfois le nombre de décès résultant du conflit lui-même. La pauvreté et l’indigence sont considérées comme les causes sous-jacentes des conflits endémiques. « La pauvreté et l’oppression persistantes peuvent entraîner un sentiment d’impuissance et de désespoir. Lorsque les gouvernements ne réussissent pas à répondre aux besoins les plus élémentaires de certains de leurs citoyens, les Etats qu’ils dirigent risquent de devenir un foyer pour la terreur ». L’indigence est un phénomène rural : sept pauvres sur dix vivent dans les campagnes, avec moins d’un dollar de revenu par jour.

 L’indigence doit donc constituer la cible prioritaire de l’aide alimentaire internationale. Si le contrôle des gisements de minerais (diamant, coltan...) sert à financer la guerre, la rivalité autour des ressources naturelles comme la terre et l’eau risque, elle aussi, d’entraîner des conflits, comme l’a souligné le Secrétaire général des Nations-unies : « Les conflits récents ainsi que les invasions d’exploitations agricoles dans les pays d’Afrique australe, de même que les affrontements entre éleveurs nomades et agriculteurs sédentaires en Afrique orientale, soulignent l’importance de l’accès aux ressources offertes par la terre pour les populations pauvres, accès qui est à la base de la paix et du développement durable ». L’expérience montre que, lorsque les ressources fondamentales nécessaires au développement agricole sont présentes, la faim cède du terrain et les tensions s’apaisent.


Burundi


  Exposée à des variations imprévisibles du climat et des fluctuations du marché mondial, l’économie burundaise est structurellement fragile :
    95% de sa population (5 millions d’habitants) vivent de l’agriculture ;
    le PIB annuel per capita est d’un  peu plus de 200 dollars ;
  90% des devises et 20 % des recettes de l’Etat proviennent des exportations de café arabica ;
  avec une densité moyenne de plus de 180 h./km, la couverture alimentaire est tout juste assurée en année normale ;
  la production vivrière suit avec peine la croissance démographique : en 1984, un déficit pluviométrique la fit même baisser d’environ 6%, ce qui entraîna la disette et l’appel à l’aide alimentaire.

 Aujourd’hui, les effets de cette pénurie sont à apprécier dans un contexte ethnique et régional qui a évolué depuis l’ère coloniale et qui est devenu bien plus complexe que les descriptions de l’époque. En effet, le colonisateur nous présentait généralement la société burundaise sous la forme d’une pyramide ethnique dans laquelle les éleveurs tutsis, représentant 14% de la population, détenaient les leviers du pouvoir ; ensuite venaient les paysans hutus qui formaient le gros de la population (85%), tandis qu’à la base de cet édifice, on trouvait les pygmoïdes twa, groupe numériquement insignifiant (1%).

  On admettait que les caractères physiques communément attribués à chaque ethnie, renforçaient encore cette hiérarchie du pouvoir et des privilèges : proverbialement grands et filiformes, les Tutsis étaient dépeints comme « possédant la même indolence gracieuse de la démarche qui caractérise les peuples d’Orient ». Les Hutus, en revanche, étaient « un peuple de taille moyenne aux corps lourdauds et disgracieux, révélant l’habitude d’un travail pénible et acharné, se courbant patiemment dans une servilité abjecte devant les derniers arrivés, les Tutsis, devenus la race dominante ». Cette image de la société traditionnelle qui en défigure les traits au point de la rendre méconnaissable, masque des lignes de clivage importantes au sein de chaque ethnie exagérant en même temps les discontinuités socioculturelles qui  les séparaient. Ces distorsions passent sous silence les clivages intra-ethniques, notamment liés à l’appropriation des terres.


Rwanda : agriculture, conflit et génocide


  L’agriculture rwandaise est caractérisée par une forte densité de population dans les zones rurales et par l’importance de deux cultures d’exportation, le thé et le café. Toutefois, la qualité du café s’est détériorée à partir de la fin des années 1970. En conséquence, les cultivateurs n’ont pas profité de la hausse des prix. Puis entre 1985 et 1992, le cours mondial du café a chuté de 72% en termes réels et celui du thé de 66%. Après 1992, dans le cadre de son programme d’ajustement structurel, l’Etat a supprimé les paiements de stabilisation du prix du café aux agriculteurs. De plus, une longue période de forte croissance démographique a entraîné une réduction de la taille des exploitations alors que la production n’a guère progressé ; les sécheresses des années 1980 ont aggravé la situation. D’après certaines estimations, en 1989, un Rwandais sur six était victime de la famine.

  Le déclenchement du conflit en 1990 a provoqué le déplacement de 15% de la population et les effets de la guerre de 1994 sur l’agriculture ont été catastrophiques. Lorsque le Front Patriotique Rwandais (FPR) est arrivé au pouvoir, ce qui a mis fin au génocide, 2 millions de personnes avaient fui le Rwanda et des centaines de milliers étaient déplacés à l’intérieur du pays. Après 1995, le redressement de l’agriculture a été inégal, même si les agriculteurs se sont réinstallés sur leurs terres. Les conflits juridiques ont été en partie réglés et les migrations de la main-d’œuvre ont repris. Toutefois, c’est l’ensemble du système agricole qui doit être réorganisé.


Les conséquences du conflit

  Les conséquences engendrées par les destructions des domaines agricole et de l’élevage, sont nombreuses :
   une détérioration du pouvoir d’achat résultant d’une forte inflation liée elle-même à la dépréciation du franc rwandais sur le marché des changes ;
   la chute des revenus qui empêche l’acquisition de bétail et d’autres facteurs de production ;
   la baisse importante de la production due principalement aux massacres et aux déplacements massifs de populations, d’où la réduction importante de la main-d’œuvre ;
  la faible reprise de l’économie du pays.

Rwanda : agriculture, conflit et génocide

  L’agriculture rwandaise est caractérisée par une forte densité de population dans les zones rurales et par l’importance de deux cultures d’exportation, le thé et le café. Toutefois, la qualité du café s’est détériorée à partir de la fin des années 1970. En conséquence, les cultivateurs n’ont pas profité de la hausse des prix. Puis entre 1985 et 1992, le cours mondial du café a chuté de 72% en termes réels et celui du thé de 66%. Après 1992, dans le cadre de son programme d’ajustement structurel, l’Etat a supprimé les paiements de stabilisation du prix du café aux agriculteurs. De plus, une longue période de forte croissance démographique a entraîné une réduction de la taille des exploitations alors que la production n’a guère progressé ; les sécheresses des années 1980 ont aggravé la situation. D’après certaines estimations, en 1989, un Rwandais sur six était victime de la famine. Le déclenchement du conflit en 1990 a provoqué le déplacement de 15% de la population et les effets de la guerre de 1994 sur l’agriculture ont été catastrophiques. Lorsque le Front Patriotique Rwandais (FPR) est arrivé au pouvoir, ce qui a mis fin au génocide, 2 millions de personnes avaient fui le Rwanda et des centaines de milliers étaient déplacés à l’intérieur du pays. Après 1995, le redressement de l’agriculture a été inégal, même si les agriculteurs se sont réinstallés sur leurs terres. Les conflits juridiques ont été en partie réglés et les migrations de la main-d’œuvre ont repris. Toutefois, c’est l’ensemble du système agricole qui doit être réorganisé.


Les conséquences du conflit


  Les conséquences engendrées par les destructions des domaines agricole et de l’élevage, sont nombreuses :
   une détérioration du pouvoir d’achat résultant d’une forte inflation liée elle-même à la dépréciation du franc rwandais sur le marché des changes ;
   la chute des revenus qui empêche l’acquisition de bétail et d’autres facteurs de production ;
    la baisse importante de la production due principalement aux massacres et aux déplacements massifs de populations, d’où la réduction importante de la main-d’œuvre ;
     la faible reprise de l’économie du pays.


L’embargo burundais sur les denrées
agricoles : une arme de guerre ?


  L’embargo sur les denrées agricoles qui agit comme un acteur du conflit au Burundi a bloqué l’avènement de la paix et a également contribué à exacerber les tensions. Le Burundi a fait l’objet d’un embargo économique total au moment où son économie était déjà très fragilisée par la crise socio- politique qui durait depuis 1993. Quatre ans et demi de guerre, dont plus d’une année et demie sous embargo, ainsi que le gel de l’aide internationale, ont conduit à une forte contraction de l’économie nationale. Dans certaines régions, la disette menacait. Les sanctions ont eu un effet économique immédiat sur l’inflation, la production et les finances publiques. Elles ont d’abord accéléré l’inflation de manière inquiétante :

   entre 1996 et 1997, l’inflation a atteint 40% et touché surtout les catégories les plus défavorisées. Le prix du haricot burundais, aliment de base, qui a doublé, a entraîné un changement de régime alimentaire dans la plupart des familles paysannes qui ont dû multiplier aussi par deux leur budget alimentaire. Beaucoup ne font plus aujourd’hui qu’un seul repas par jour. Le taux de croissance du PIB est passé de -3% en 1995 à -7,4% en 1996.

   Certains propriétaires de lopins de terre ont dû se replier sur l’agriculture de subsistance, d’autres ont dû réduire leur consommation courante.

  • Pour ce qui est du secteur primaire, la production de l’agriculture de subsistance (céréales, légumineuses, tubercules et bananes) a fortement diminué. Depuis 1993, le déplacement et le regroupement forcé d’une grande partie de la population rurale, ainsi que la dévastation et le pillage des récoltes par les combattants, ont empêché les paysans de cultiver normalement leurs terres. Dans certains cas, avec l’accord des militaires, les paysans vivant dans les camps ont pu continuer à cultiver leurs parcelles. Mais souvent l’éloignement des camps les a conduit à laisser leurs terres à l’abandon. Par ailleurs, la hausse du prix du carburant et du transport a fait augmenter le coût de production agricole et sensiblement baisser les revenus des paysans. Or, c’est grâce aux paysans du Burundi, qui représentent 92% de la population, que le pays a pu vivre en autosubsistance et survivre aux années de conflit. Au fléau de la guerre, s’est ajouté l’embargo sur les semences, les fertilisants et les pesticides. La réduction de disponibilité en intrants agricoles a fait baisser de plus de 30% la production de légumes.

   L’inondation des plantations due aux pluies torrentielles (El Niño) qui se sont abattues sur la région depuis la fin 1997, a contribué à aggraver les risques de famine. L’équilibre nutritionnel des populations s’est fortement dégradé, surtout chez les personnes déplacées et dispersées, les exposant davantage aux maladies et aux épidémies.

   En 1997, les pays de la région avaient autorisé le passage de l’aide alimentaire et humanitaire vers le Burundi, mais les lourdeurs administratives et les inondations des voies de communication, ont empêché les deux tiers de l’aide d’arriver à destination. Aujourd’hui plus de 40.000 enfants souffrent de malnutrition et quelque 300.000 sont menacés de famine.

   Concernant l’agriculture de rente et d’exportation - le café, le thé et le coton - l’embargo a eu un effet désastreux à la fois sur la production et sur l’exportation qui représente 80% de l’apport en devises à la Banque centrale du Burundi.


La pauvreté s’est pérennisée
  
     Au Burundi

  Le slogan du PAM dans les années 1980 : « Lutter contre la pauvreté pour éradiquer la faim », est devenu aujourd’hui : « Lutter contre la faim pour éradiquer la pauvreté ».
La pauvreté au Burundi, a augmenté de 80% dans les campagnes et de 50% dans les villes, conséquence de l’embargo  et de la guerre civile ; la malnutrition atteint plus de 20% de la population ; la mortalité infantile est passée de 110 à 136 pour mille ; le nombre d’orphelins (guerre et sida) est considérable ; 40% du budget national sont attribués au budget militaire et seulement 3% sont consacrés à la santé.

    Au Rwanda

  Selon le FMI, le nombre de personnes vivant en- dessous du seuil de pauvreté est passé de 40% en 1985 à 70 % en 1997, année où le taux de mortalité infantile était un des plus hauts taux d’Afrique. L’écart entre riches et pauvres qui s’est accru, est particulièrement visible dans la capitale où les signes extérieurs de richesse (propriétés, voitures, etc.) sont frappants (cf. tableau). Certains attribuent cet enrichissement aux pillages des ressources de la RDC ou de l’aide étrangère.



Promouvoir le développement durable

  Lors du Sommet mondial sur l’Alimentation de l’Organisation des Nations-unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) qui s’est tenu à Rome en juin 2002, de nombreux chefs d’Etat africains ont appelé les pays riches à ouvrir leurs marchés agricoles. Au-delà des questions de l’alimentation et de l’agriculture, ce sont les problèmes de la paix et du développement qui ont été posés, dans la mesure où la faim et la pauvreté entretiennent les tensions et les situations conflictuelles.

  La résolution d’une crise ou la fin d’une guerre sont indissociables du travail à mener sur le terrain, auprès des populations, visant à répondre aux besoins essentiels de celles-ci (alimentation, santé, éducation). L’objectif est d’agir sur les racines économiques et sociales du conflit: la pauvreté et la faim sont les carburants réels...


Voici quelques chiffres sur le coût de la vie, issus du rapport de la Commission Justice et Paix belge francophone (avril-mai 2002).
Salaires : 22.000 francs rwandais pour un rédacteur (études secondaires), 35.000 pour un licencié, 10.000 pour un ouvrier.
•  Loyer d’un logement une pièce à Kigali : 5.000.
  Loyer d’un logement simple à Cyangugu : 10.000.
  Prix de certaines denrées alimentaires (au kg) : • sucre (300) ; •  riz (200/300) ;
sel (120) ; • farine froment (300) ; • farine maïs (120) ; • farine sorgho (200) ; • haricots (130) ; • petits pois (200) ; • soja (180) ; • arachides (300 à 350), 5 litres d’huile (2.500). • Un savon (120) ; • Chemise (2ème main : 800 à 1.500 ; neuve : 5.000) ; • pantalon (1.000 à 1.800 ; neuf : 8.000 à 10.000) ; • jupe (800 à 1.000 ; neuve 5.000) ; • costume (15.000 à 20.000 ; neuf 40.000).


  ...des tensions entre voisins, facteurs qui se cristallisent autour de prétextes ethniques. Pour pouvoir manger et vivre, les hommes  se sont enrôlés dans l’armée ou dans les groupes rebelles, laissant les femmes assurer le quotidien de la vie de famille, de la santé, de l’alimentation et de l’éducation. De la même manière, le recrutement des enfants soldats est largement conditionné par le manque de perspectives professionnelles et économiques offertes aux jeunes générations. Dans un tel contexte, les organisations humanitaires et les associations locales de développement œuvrent à restaurer un cadre favorable au rétablissement d’une paix durable. Celle-ci passe par le développement économique, lui-même articulé autour du problème agricole. Il s’agit donc de proposer de nouveaux modes d’organisation et de production agricole, d’assurer la sécurité alimentaire et de contribuer au règlement des questions foncières.

  L’aide de la FAO comprend des activités qui contribuent à la durabilité du développement en prévenant de nouvelles crises et catastrophes et en améliorant les moyens d’y faire face. Le développement durable est l’une des pierres angulaires de la paix, mais le développement durable ne saurait être réalisé dans un contexte de conflits en cours ou en gestation. La constitution de stocks alimentaires stratégiques paraît être une réponse évidente à l’insécurité alimentaire, mais la gestion de stocks est extrêmement coûteuse en période de conflit, lorsque les transports sont interrompus et que les silos deviennent des objectifs prioritaires d’attaques armées.

  La construction d’installations de stockage sur les exploitations dans les zones exposées à des conflits est une option viable, uniquement si ces installations peuvent être protégées et contrôlées et s’il est possible de distribuer efficacement les aliments stockés dans les zones qui en ont besoin. Par ailleurs, il est très difficile et coûteux de conserver des stocks vivriers dans les régions tropicales et humides. L’Accord de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) sur l’agriculture (adopté à l’issue du Cycle de l’Uruguay) autorise les pays à constituer des stocks de produits à des fins de sécurité alimentaire et à vendre les produits stockés aux populations urbaines et rurales pauvres à un prix inférieur à celui du marché.

  Pauvreté et environnement sont liés et interagissent entre eux. En effet, la pauvreté est la cause principale des dégradations causées à l’environnement dans les pays défavorisés puisque sous le poids de la pression démographique, elle pousse les paysans à cultiver des terres toujours plus éloignées. En outre, la destruction de cet environnement, rend  les populations encore plus vulnérables. Un éveil élémentaire à l’environnement pour vivre durablement des produits de la terre est indispensable, car la population est abandonnée à elle-même, elle n’apprend même plus comment faire de l’agriculture, de l’élevage, de la lutte contre l’érosion.

  Le dernier rapport publié  par la FAO indique que 23 pays en Afrique sub-saharienne, sont en situation d’urgence alimentaire :  l’Angola, le Burundi, le Cap Vert, la République Centrafricaine, la République démocratique du Congo, la République du Congo, la Côte d’Ivoire, l’Erythrée, l’Ethiopie, la Guinée, le Kenya, le Lesotho, le Libéria, le Madagascar, la Mauritanie, le Mozambique, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan, le Swaziland, la Tanzanie, l’Ouganda et le Zimbabwe. Les principales causes de ces situations d’urgence sont la guerre civile, la sécheresse, les déplacements de population et les crises économiques. C’est dire l’importance stratégique que l’agriculture doit jouer dans le développement durable de ces pays.



C. Q.