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Actualités
01.07.2008
-  élections
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Recherche identitaire










Les Banyamulengués
en quête d'identité

                                                                          Jean Omasombo Tshonda*
                                                                                         








  Ce mot est apparu avec la dernière rébellion congolaise, c'est-à-dire en 1996-1997 lorsque Laurent Désiré Kabila (LDK) est arrivé au pouvoir.

             Qui est Banyamulengué, qui ne l’est pas ?

 Actuellement, il y a une confusion entre Banyamulengués et Banyarwandas. Les banyamulengués, qui sont minoritaires au sein de la communauté banyarwanda - l’estimation de 300 000 individus est plausible-, vivent au sud Kivu ; cette confusion entre les deux communautés montre que 90% des congolais ne connaissaient pas ce problème qui n’est pas récent. Ainsi, s’agit-il de savoir si les Banyamulengués, Tutsis originaires du Rwanda, sont de nationalité congolaise ou pas ?

   Il n’existe pas une ethnie banyamulengue. Les Banyamulengués étaient appelés les Tutsis d’Itombwé (Sud-Kivu)  jusqu‘en 1960-1970. C’est à partir de 1973 qu’ils seront connus sous l’appellation de Banyamulengués qui veut dire en swahili, « propriétaire de Mulengué » qui est une chaine de montagne. Là, ils sont confrontés aux Bembés, aux Fouleros et à d’autres ethnies originaires du même endroit prétendant eux aussi en être les propriétaires. L’histoire des Banyamulengués remonte au Congrès de Berlin en 1885 au moment du tracé des frontières – tracé étalé dans le temps jusqu’en 1910-1911. Y aviat-il des Tutsis, à cette époque, au Congo ? Nous sommes au cœur de la problématique.


Les vagues d’arrivée des Tutsis

Les « autochtones »

  Avant 1885, c’est-à-dire avant le tracé des frontières, des Tutsis autochtones étaient déjà présents.

Les « transplantés »

  Au lendemain de la première guerre mondiale, le Rwanda et le Burundi qui était des colonies allemandes, sont cédés au Congo belge comme des territoires sous tutelle. Le Rwanda surpeuplé connaît des problèmes de sécheresse alors que le Congo, colonie belge, est très peu peuplé. La Belgique décide d’autorité et ce jusqu’à la fin des années 1940, de supprimer les visas au Rwanda et de transplanter ces populations en plusieurs vagues ou Sud et Nord Kivu. 

Les « réfugiés »

  Pendant la colonisation, la monarchie Tutsie, au Rwanda, est soutenue par la Belgique, mais se sentant flouée par le pouvoir colonial, elle demande son indépendance ; le pouvoir colonial réagit en aidant la majorité hutue à la renverser. Entre 1959 et 1962, les tutsis fuient et deviennent des réfugiés que l’ONU installe dans des camps et oublie.

Les « clandestins »

  Avec le régime de Mobutu, plusieurs familles du Rwanda ont rejoint leurs parents, installés au Zaïre, car depuis leur arrivée, ils se sont intégrés et ont acquis des richesses. En 1967, Mobutu supprime le poste de premier ministre, renforçant ainsi le pouvoir de son directeur de cabinet Barthélemy Bisenguimana. C’est un Tutsi de la troisième vague. En 1971, ce « presque » premier ministre pousse Mobutu à édicter  une loi, accordant la nationalité de manière collective. Cette loi stipule que toutes les populations d’origine rwandaise, installées au Congo avant l’indépendance, deviennent congolaises ainsi que celles réfugiés arrivées en 1959. Progressivement, la pression va monter au sein de la population du Kivu en raison de l’existence officielle de cette communauté d’origine rwandaise. Les Banyamulengués, conscients de ce problème, prennent peur et décident en 1973, de ne plus se faire appeler Tutsi ou Banyarwanda mais Banyamulengué. Leur désir d’affirmer leur identité conquise est d’autant plus fort qu’au Rwanda, ils sont considérés comme des sous hommes, une souche de Tutsi inférieure.

  En 1981, Mobutu change de cap édictant une nouvelle loi annulant celle de 1971. Elle stipule que la demande de la nationalité doit être individuelle. Les Banyamulengués opposent un refus catégorique créant une nouvelle source de tension dans le Kivu. L’État atteint à ce moment un tel état de décomposition que c’est l’explosion. Des conflits éclatent au Sud-Kivu entre les Banyamulengué et les Babembés ; la situation se dégrade au Rwanda. Les Tutsis rwandais recrutent des Banyamulengués et les intègrent dans les rangs du Front Patriotique Rwandais (FPR) afin de renverser le pouvoir hutu d’Habyarimana (en 1994). Cette alliance avec le Rwanda a desservi la cause des Banyamulengués qui sont considérés, aujourd’hui encore, comme des étrangers par tout le monde : les Rwandais les considèrent comme des congolais et les congolais les renient.
Qui sont-ils alors ?


J.O.T.