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Actualités
01.07.2008
-  élections
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L E S   C A H I E R S   D E 
             L ' A F R I Q U E
            R e v u e   d'é t u d e   e t   d e   r é f l e x i o n   s u r   l e   m o n d e   a f r i c a i n


Le secteur des Télécommunications










Facteur d'intégration ?

  Léopold A. Adjakpa*  
                                                                                         






* Léopold A. Adjakpa est ingénieur en télécommunications.





 L'ensemble des moyens d'accès et de transport de l'information est un instrument puissant et fédérateur au service des autres biens publics telles la connaissance, l'éducation ou la santé. De la même façon, il peut être un outil au service des causes humanitaires comme la prévention de catastrophes et d'endémies, ou encore, le développement. Ce qui implique que tout le monde doit y avoir droit et accès. La « fracture numérique » que l'on semble découvrir actuellement en Afrique n'est que la conséquence immédiate de la « fracture téléphonique », plus ancienne et moins médiatisée, mais tout aussi dramatique.
 
 L'Afrique ne compte que 2% des lignes téléphoniques mondiales, et la télédensité (nombre de lignes téléphoniques pour 100 habitants) y atteint péniblement 1,4%, en ajoutant la téléphonie mobile. Ces statistiques ne prêtent pas à l'optimisme et invitent à un bilan sans concession des télécommunications en Afrique. La politique suivie dans ce domaine doit être repensée afin qu'elle devienne un facteur d'intégration.

 Des projets à l'échelle nationale, sous-régionale (Panaftel, Africa One), régionale (Sat-3)  et continentale (Rascom) ont vu le jour et sont dans la grande majorité abandonnés ou sous-exploités. Les exemples ne manquent pas : l'OPT au Bénin avec le câble sous-marin à fibres optiques SAT-3/wasc/wafe ; Sonatel au Sénégal, etc., la non utilisation efficiente d'infrastructures de cette ampleur est paradoxale alors que ce secteur souffre de graves faiblesses à la fois structurelles et conjoncturelles. Malgré les efforts accomplis pour le développement des télécoms en Afrique, et plus particulièrement en Afrique de l'Ouest, le bilan reste négatif.


Caractéristiques structurelles  du marché
africain des télécommunications

La taille

 L'Afrique de l'Ouest est marquée par la faiblesse affligeante du parc de lignes principales. En prenant comme indicateur le nombre de lignes principales, seules quatre pays sur les quinze recensés dans la zone en 2003, dépassent les 100.000 lignes, soit la capacité théorique (moyenne) d'un commutateur actuel.
Même si on peut mettre en cause la représentativité absolue de cet indicateur- clé,  ce chiffre donne une idée de la taille, moins que modeste, de la plupart des réseaux de l'ouest-africain. De plus, la taille effective de ce parc est encore à relativiser si l'on compte les lignes principales en « fonctionnement ». Ainsi, selon les statistiques de l'Union Internationale des Télécommunications  et suivant les pays, une pondération de 10 à 50%, à la baisse, pourrait être appliquée pour connaître le potentiel téléphonique actif dans cette zone.

La distribution spatiale

 Les pays de la région sont généralement caractérisés par un peuplement très inégalement réparti, avec d'une part, une très faible densité de population sur de vastes espaces et d'autre part, une forte concentration dans quelques agglomérations urbaines surpeuplées. De plus, ils sont souvent marqués par des organisations spatiales duo polaires avec une capitale administrative et une capitale économique, généralement excentrée l'une par rapport à l'autre de telle manière que la structuration en réseau pose d'énorme problèmes techniques, mais aussi économiques. Ainsi, l'investissement nécessaire à la réalisation d'une artère est-il disproportionné par rapport au revenu qu'il peut générer.

 Dans les zones très éparpillées, souvent dominées par des activités agricoles, les besoins en télécommunications sont cruciaux pour le décloisonnement des populations et pour la limitation de l'exode rural ;  les coûts de fonctionnement du réseau sont d'autant plus élevés que ces régions sont éloignées.

La panoplie des technologies

 La diversité des technologies utilisées et leur archaïsme sont un des traits principaux des pays ouest- africains. En transmission par exemple, la technologie utilisée est surtout hertzienne : par réseau terrestre ou par satellite. Or, l'exploitation et la maintenance des artères terrestres génèrent des coûts impressionnants et l'énergie primaire  engloutit, à elle seule, une grande partie des moyens du budget de fonctionnement.
En commutation, le marché mondial est dominé par les commutateurs temporels à forte capacité donc d'un coût très élevé, mais d'autant plus rentables qu'ils sont utilisés à leur potentiel soit environ 100 à 150.000 lignes. Or, la plupart des pays africains ont un parc de lignes principales (LP)  largement inférieur à cette capacité.

 On perçoit dès lors l'effet pénalisant de ces technologies même si souvent les constructeurs proposent des versions « allégées » d'un coût inférieur, mais dont les coûts d'acquisition et de fonctionnement restent toujours aussi importants.
La superposition de générations d'équipements de commutation et de transmission est aussi un autre trait saillant des télécommunications en Afrique de l'Ouest, où subsistent encore des systèmes analogiques dans un certain nombre de réseaux. Le coût de fonctionnement de ces équipements est prohibitif et obère gravement les possibilités de financement.

L'absence de réseaux d'infrastructure

 Les voies de communications limitées et en mauvais état, sont une des caractéristiques majeures des pays ouest-africains. Par ailleurs, les opérateurs télécoms de la zone rencontrent  de nombreux inconvénients : les coûts des interventions, les délais  interminables …autant de facteurs qui freinent le développement de ces réseaux. De plus, l'inexistence de réseaux de transport et de distribution d'énergie rendent encore la tâche plus ardue, ce qui oblige bien souvent les opérateurs à prendre en charge, en plus des coûts des commutateurs, des stations du réseau de transmission, voire même des stations terriennes, les coûts supplémentaires de production d'énergie primaire afin de garantir leur propre approvisionnement.


Caractéristiques conjoncturelles  du
marché africain des télécommunications

 Un état des lieux actuel sur les Offices des Postes et des Télécommunications (OPT) en Afrique de l'Ouest  s'impose :
  
  • OPT privatisés dans un environnement ouvert tant sur le réseau fixe que les services mobiles ;
  • OPT en cours de privatisation dans un secteur déréglementé avec un/des opérateurs mobiles. Dans ce cas ces OPT jouissent d'un monopole sur le réseau fixe limité dans le temps ;
  • OPT en échec de privatisation et sous contrat de gestion d'un partenaire étranger, le secteur étant par ailleurs ouvert ;
  • OPT en sursis, l'ouverture complète du secteur n'étant pas encore légalisée.

 Parallèlement  aux services de téléphonie de « base » de qualité inégale selon les pays (Le Bénin est plus équipé que la Guinée) et même à l'intérieur d'un même pays, coexistent des services plus évolués comme celui d'accès à Internet, des liaisons louées, de raccordement radio des abonnés fixes etc.,  qui rendent le marché actuel  très contrasté.

 Les débits et tarifs d'Internet, par exemple, pratiqués par les fournisseurs au Bénin, au Burkina Faso, au Togo, en Guinée, en Côte d'Ivoire et au Sénégal sont disparates. Le poids des opérateurs européens est prépondérant. La nécessité parfois d'interconnecter les réseaux des différents pays d'une même sous-région implique des investissements. Aux responsables africains d'Internet  de favoriser le trafic local au sein d'un même pays en augmentant le nombre des serveurs (les utilisateurs ont deux choix :  hotmail ou yahoo) ; de réduire le trafic international (installation de serveurs de cache, configuration des tables de routage) ainsi que d'archiver  tout le stock africain d'informations.

L'aspect conjoncturel

 La déréglementation qui touche ces pays a creusé des brèches qui ont amené à la privatisation des opérateurs historiques et à  la concurrence (loyale et déloyale) Certains opérateurs historiques ont été privatisés régularisant de fait la présence de France Télécom ou de France Câbles Radio. C'est le cas du Sénégal et de la Côte d'Ivoire. En Guinée et au Ghana c'est Malaysia Télécom qui est l'opérateur stratégique. Les candidats à la reprise des opérateurs historiques africains ne se bousculent pas. Pas de partenaires stratégiques déclarés pour le Burkina Faso et le Bénin. Le Nigeria n'a pas réussi à privatiser son opérateur historique.

 Selon les experts de la Banque mondiale, le temps du monopole est révolu et les réseaux de télécommunications fixes doivent s'ouvrir à la concurrence. Les conséquences de cette déréglementation se traduit par une perte pour les opérateurs historiques, mais aussi pour les Etats car les  recettes échappent généralement à la législation fiscale. Pour les opérateurs historiques, ce manque à gagner sur des secteurs rentables interdit non seulement toute politique de péréquation, mais les prive de ressources au point de limiter sérieusement leurs capacités d'autofinancement et le téléphone reste encore très difficilement abordable pour les Africains.


L'avenir :mise à plat des projets régionaux et continentaux

 Le 27 mai 2002, à Dakar, a eu lieu l'inauguration du système de câbles sous- marins à fibres optiques devant relier l'Afrique, l'Europe et l'Asie dénommé SAT- 3/WASC/SAFE. Les pays concernés sont: le Portugal, l'Espagne (Iles canaries), le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Bénin, le Nigeria, le Cameroun, le Gabon, l'Angola, l'Afrique du Sud, l'Ile de la Réunion, l'Ile Maurice, l'Inde et la Malaisie.
Le projet Africa One est un système de câble sous-marin fibres optiques qui reliera en principe tous les pays côtiers de l'Afrique au reste du monde.

 Prévu pour être opérationnel en 1996 il ne le sera « au mieux » selon ses protagonistes qu'en 2003.  A ce jour toujours rien.
Si cet nième éléphant blanc se réalise il constituera un doublon avec SAT-3 au moins pour la côte ouest de l'Afrique. Mais le plus inquiétant est pour la suite : quand il faudra connecter le reste de l'Afrique (les pays côtiers non directement desservis, les pays enclavés il faudra chercher à nouveau des financements. Et payer les réalisations d'interconnections. Ensuite il faudra doubler les budgets de fonctionnement et d'entretien (2 réseaux distincts). Et -cerise sur le gâteau- il faudra payer la connexion sur Africa One à un prix entre 5 et 10 fois supérieur de ceux pratiqués « entre gens civilisés » autour de la grande mare (Atlantique Nord).

Qui a encore besoin d'Africa One ?

 Tyco Communications et Global Telecommunications Systems - toutes deux basées aux Bermudes - car le premier est constructeur et le deuxième exploitant de cette imposture. Et les africains dans tout cela ? Ils n'ont qu'à payer : ils contribueront ainsi à adoucir les reconversions dans l'industrie américaine des télécommunications. C'est en somme le monde à l'envers : les pauvres paient les « plans sociaux des riches ».

Une remise à plat des projets sous régionaux et régionaux s'impose.  La construction d'une liaison hertzienne reliant le Sénégal, le Mali, le Burkina, le Niger et le Bénin (Panaftel) avait pour objectif la réalisation d'un réseau téléphonique de qualité à même d'offrir aux pays africains la capacité de communiquer entre eux sans transit extérieur. Aujourd'hui ce projet est à l'abandon alors qu'il nécessite d'être actualisé et modernisé.

 Une analyse approfondie des projets en cours doit permettre d'annuler des projets redondants - dont Africa One - et optimiser le renouvellement et l'extension des réseaux de télécommunications, tant sur le plan technique qu'économique. A cette fin la méthodologie utilisée doit se baser sur la Synergie Inter-Réseaux (SIR) et en retirer le maximum en termes de réduction des coûts et de fertilisation croisée. Le résultat de cette démarche est une adéquation optimale des réseaux ainsi que le déploiement d'un réseau d'interconnexion africain (RIA) cohérent avec Panaftel.

 Un autre projet qui tarde à s'achever (15 ans au moins) est celui de Rascom. La mission de Rascom est de « mettre à la disposition de toutes les régions des pays africains, des moyens efficaces et économiques de télécommunication et de répondre à leurs besoins en matière de radiodiffusion sonore et télévisuelle, en ayant recours à toutes technologies appropriées, y compris un système régional de communication par satellite convenablement intégré aux réseaux nationaux existants et/ou planifiés afin de favoriser le développement des pays d'Afrique ». Rascom construira deux satellites géostationnaires dont la durée de vie est de 15 ans. 43 pays des 54 que constituent l'Afrique ont signé ce projet.  Le lancement des satellites était prévu pour 2002. Il est à nouveau reporté.


Dommage collatéral orchestré par l'Union
Internationale des Télécommunications

 En attribuant la bande de 2 GHz aux radiocommunications mobiles y compris satellitaires à la fin de la dernière décennie, l'Union internationale des télécommunications a mis en péril les réseaux de télécommunications des pays africains.

 Les réseaux fixes terrestres structurants (réseaux nationaux des OPT, liaisons d'interconnexion entre pays, réseau Panaftel) qui utilisent dans un grand nombre de cas cette bande, sont dans une position critique car bloquant leur évolution « in situ ».  Par ailleurs, l'abandon de cette bande particulièrement appréciée en Afrique eu égard à ses caractéristiques de propagation, a conduit à l'arrêt de la fabrication des équipements hertziens - ou au moins de leur évolution - et renchéri significativement leur prix.

 Les OPT n'auront dès lors que le choix de remplacer leurs liaisons existantes et moribondes soit par des équipements hertziens utilisant les bandes de fréquence supérieures (ce qui pose des problèmes d'incompatibilité avec des bonds géographiques existants plus longs), soit par des liaisons en câbles à fibres optiques. Mais dans ce cas, l'investissement nécessaire change d'un ordre de grandeur !

 Ajoutons que bien entendu ces OPT devront ainsi réadapter leur réseau sans aucune compensation financière et assurer seuls les surcoûts de ces nouveaux investissements. Ce choix est d'autant plus contestable que les systèmes satellitaires de télécommunications mobiles - GMPCS dans le jargon UIT- se sont avérés un « flop » complet comme l'ont montré les lamentables faillites d'Iridium, de Globalstar, d'ICO et de Teledesic.
  
  • Libéralisation et réorganisation stratégique

 L'ouverture à la concurrence du secteur malien a vu l'entrée d'un nouvel acteur Ikatel, suite à l'appel d'offres lancé par le gouvernement et qui selon le mensuel Economia d'avril 2003, a acquis la licence d'exploitation pour 44 millions de dollars. Ikatel n'est ni  plus ni moins que la filiale de Sonatel, l'opérateur historique sénégalais, lui-même filiale de France Télécom. Ainsi donc, l'étroit marché malien se voit partagé entre deux acteurs, Ikatel et l'opérateur public malien, la Sotelma, confronté à un nouveau concurrent qui lui disputera chèrement sa croissance et sa clientèle.

 Si dans ce cas, la logique économique libérale concurrentielle semble respectée avec la mise en compétition de l'opérateur public malien, il semble évident que cette nouvelle configuration sera loin de favoriser le développement à terme des télécoms dans le pays. Comment dégager une rentabilité financière conséquente pour assurer les conditions de financements d'investissement quand plusieurs opérateurs doivent se partager un marché structurellement petit ? Comment deux réseaux concurrents sur un marché si étroit - un véritable marigot - peuvent entretenir des infrastructures, la logistique et les structures d'exploitation «  en doublon » et probablement sous-utilisées tout en dégageant une profitabilité durable ?

 Tel est le dilemme des opérateurs téléphoniques ouest-africains partagés entre la perspective de gains à court terme, mais frileux à consentir des investissements à long terme dans un marché où la taille modeste reste un obstacle. 
S'il est clair que le développement des télécoms nécessite des efforts des pouvoirs publics, il est illusoire sans les investissements à long terme des opérateurs. Dans ce sens, de nouvelles options stratégiques doivent être envisagées par les opérateurs comme le développement de coopération économique ou de partenariats pour prendre en charge de concert certains investissements de réseaux.

 Dans le cas malien, où la taille du marché est véritablement un obstacle au développement, on peut s'interroger sur l'absence de toute éventualité de partenariat entre les deux opérateurs
« historiques »  du Mali et du Sénégal, voire même une fusion.  Est-ce possible si la maison mère française ne donne pas son accord. Comment peut se faire l'intégration régionale dans les télécoms alors que les opérateurs n'ont de national que le nom ? L'intégration économique suppose  une  harmonisation des politiques économiques et une mise en commun des compétences en vue de juguler les problèmes communs. Est-ce réellement possible dans un marché aujourd'hui dérégulé ?
Tout porte à croire que les avancées en matière d'intégration ne peuvent aboutir que si les intérêts des Etats et des peuples sont pris en compte en lieu et place des seuls décrets.
  • Fusion intra sectorielle

 Dans certains cas, la fusion entre opérateurs a été un facteur de réussite sur des marchés relativement petits. Celle des deux opérateurs historiques scandinaves, Telia (Suède) et Sonera (Finlande) est un exemple de cette option stratégique fructueuse prise par deux pays pourtant bien plongés dans le bain néolibéral - surtout la Finlande - et représentant chacun un marché d'une dimension plus que respectable. Dans le contexte africain, la nécessité de fusionner et de regrouper des capacités « par plaque sous-régionale » est d'autant plus impérieuse qu'elle favorise l'émergence de deux ou trois opérateurs de télécommunications ayant une taille intéressante pour faire face à un marché aussi émietté.

 A cet égard, une fusion entre la Sonatel et la Sotelma aurait constitué un précédent indiscutable qui aurait pu faire des émules par la suite et faire adhérer au groupe ainsi constitué d'autres opérateurs historiques, notamment ceux qui, voisins du Mali et du Sénégal, détiennent - pour quelque temps encore - le monopole des télécommunications fixes.

 Ce mouvement de rapprochement paraît d'autant plus évident que - comme le rapporte dans un autre article le même numéro d'Economia - cinq opérateurs historiques de la sous-région, Togo Télécom, l'Onatel, la Sotelma et Nitel et l'OPT du Bénin, ont mis en place en 2002 le Centre de Maintenance des Télécommunications de Lomé (CMTL) avec à sa tête un ancien responsable de l'Onatel, qui conseille les opérateurs de la CEDEAO, assure leur formation et étudie le marché.  Ainsi aurait-on pu espérer voir naître un opérateur africain sous-régional qui aurait non seulement constitué un groupe sérieux car de taille respectable, mais aurait été un interlocuteur autrement mieux armé pour
faire face aux problèmes importants et urgents que rencontre cette sous-région que constitue la CEDEAO. En outre, un tel groupe aurait pu constituer un lien concret entre les pays de la sous-région autrement plus réaliste que toutes les incantations panafricaines de certains de leurs chefs d'Etat.

 Aussi, plus généralement le développement des télécoms en Afrique de l'Ouest butte sur des problèmes intrinsèques à ces pays comme la faiblesse démographique, la faiblesse du revenu par habitant. Pris individuellement, ils constituent, de ce fait, des marchés très peu développés et dont la capacité à accueillir des infrastructures dont la viabilité dépend d'économies d'échelle, reste à prouver.

 En conclusion, l'intégration ne se décrète pas. Elle est le fruit des peuples ayant pris conscience de leur destin commun et qui œuvrent à travers des projets concrets (Panaftel, Rascom...) à faire changer le cours des éléments défavorables à leur développement c'est-à-dire à leur liberté. Plutôt que de vouloir procéder à une intégration régionale, puis s'interroger sur le contenu de celle-ci, il serait judicieux de définir les besoins et les objectifs recherchés, puis, et seulement, ensuite étudier si ces objectifs peuvent être mieux atteints par une intégration régionale.
En Afrique pour être efficace, le développement des télécommunications doit associer les réseaux aux énergies, renouvelables notamment, afin de renforcer les capacités des opérateurs nationaux.



L. A. A.